Contraception et pilule contraceptive: choisir en connaissance de cause

La pilule contraceptive protège les femmes contre les grossesses non désirées et est presque fiable à 100 % si elle est utilisée correctement. Tenez en compte que la pilule n’est pas un médicament. C’est pourquoi vous devez parler de l’utilisation de la pilule à votre médecin.

Attention : la pilule contraceptive vous évite de tomber enceinte, mais ne protège pas contre les maladies sexuellement transmissibles (MST). Seul le préservatif protège contre les MST.

​Il ressort de certaines études que les femmes qui prennent la pilule courent plus de risques d’avoir une thrombose que les femmes qui ne la prennent pas. Lorsque la pilule contraceptive a été mise sur le marché en 1959, ce risque accru de thrombose était déjà connu. Le risque est surtout important la première année durant laquelle vous prenez la pilule, mais reste présent durant toute la période pendant laquelle vous prenez la pilule. Comme chaque « redémarrage » représente un risque plus élevé, il est conseillé de ne pas interrompre la prise de la pilule sans raison sérieuse. C’est également le cas lorsque vous recommencez à prendre la même pilule.

Une thrombose est un effet secondaire grave, mais très rare de la pilule. Bien que la pilule augmente donc le risque de thrombose, il ne s’agit heureusement que d’un petit nombre de cas par an.

Une thrombose consiste en la formation d’un caillot de sang dans un vaisseau sanguin. Cela arrive souvent dans une jambe, mais un caillot peut également se former ailleurs dans le corps. En soit, une thrombose peut être bien soignée, mais si elle n’est pas détectée à temps, elle peut entraîner de sérieux problèmes.

Si un tel caillot sanguin se détache et aboutit dans les poumons, on parle d’une embolie pulmonaire, qui est une affection potentiellement mortelle.

Une thrombose résulte, la plupart du temps, d’une combinaison de facteurs. Certains facteurs entraînent un risque accru de thrombose, surtout si plusieurs de ces facteurs de risque sont présents en même temps chez quelqu’un. Les facteurs de risque d’une thrombose sont les suivants :

  • une opération
  • le fait de rester longtemps couchée ou assise (ex. après une opération ou dans la période qui suit l’accouchement)
  • la prise d’une pilule contraceptive
  • la grossesse
  • certaines maladies qui augmentent le risque de thrombose, comme une maladie congénitale qui réduit l’activité anticoagulante
  • les facteurs de risque des maladies cardiovasculaires, comme le tabagisme, une tension artérielle élevée et l’obésité.

Un rapport récent a indiqué que le risque de thrombose varie en fonction des différentes sortes de pilules contraceptives.

  • Sur 100.000 femmes qui ne prennent pas la pilule, on compte environ 5 à 10 cas de thrombose par an (soit un risque de 0,005 % à 0,01 % par an). Il s’agit donc du « risque de base » lorsqu’une femme ne prend pas la pilule.
  • Sur 100.000 femmes enceintes (qui ne prennent pas la pilule), on compte environ 60 cas de thrombose par an (soit un risque de 0,06 % par an).
  • Sur 100.000 femmes qui prennent la minipilule ou l’injection contraceptive, on compte environ 10 cas de thrombose par an (soit un risque de 0,01 % par an). Il s’agit donc d’un risque pouvant être jusqu’à deux fois plus élevé que le « risque de base ».
  • Sur 100.000 femmes qui prennent une pilule de première ou de deuxième génération, on compte environ 20 cas de thrombose par an (soit un risque de 0,02 % par an). Il s’agit donc d’un risque deux à quatre fois plus élevé que le « risque de base ».
  • Sur 100.000 femmes qui prennent une pilule de troisième ou de quatrième génération, on compte environ 40 cas de thrombose par an (soit un risque de 0,04 % par an). Il s’agit donc d’un risque quatre à huit fois plus élevé que le « risque de base ».
  • Les femmes qui prennent une pilule contenant le progestatif cyprotéron comme Diane, Daphne, Claudia et Ella, courent également un risque plus élevé de thrombose que les femmes qui prennent une pilule de première ou de deuxième génération.

En raison du risque de thrombose, il convient de privilégier les pilules de deuxième génération par rapport aux pilules de troisième ou quatrième génération.

  • Si vous prenez une pilule de troisième ou de quatrième génération, le risque de thrombose est deux fois plus élevé que si vous prenez une pilule de deuxième génération. Le risque reste cependant encore très faible. Le risque de thrombose reste encore toujours plus faible que chez une femme enceinte.
  • Il n’est pas prouvé que les pilules de troisième ou de quatrième génération aient moins d’effets secondaires ou de désavantages que les pilules de deuxième génération. Elles ne sont, en outre, pas plus sûres pour éviter les grossesses non désirées.

C’est pourquoi le gouvernement français a décidé de ne plus rembourser les pilules contraceptives de troisième et de quatrième génération. Un débat sur les risques engendrés par les pilules contraceptives est également en cours en Belgique.

Vous prenez une pilule de troisième ou de quatrième génération ? N’arrêtez surtout pas subitement de prendre la pilule. Continuez à prendre votre pilule et parlez-en à votre médecin traitant ou à votre gynécologue à la prochaine occasion. En fonction de votre état général, votre médecin traitant ou votre gynécologue examinera s’il vous est conseillé de changer de pilule ou de méthode contraceptive. Pour ce faire, il tiendra compte de votre âge, de votre état de santé actuel et de vos antécédents médicaux ainsi que de votre risque de maladies cardiovasculaires.